Par Jean Fulbert - le 23/01/2026 à 14h45
Des candidats interchangeables à chaque scrutin, parfois sans campagne réelle, disparaissant aussitôt après. Dans l’Orne, l’extrême droite a longtemps été une coquille vide. Mais, en trois scrutins, le Rassemblement national a triplé son score de voix dans ce département rural. Et s’il n’a pas encore d’élus d’importance, le parti à la flamme installe désormais des cadres plus stables et mieux intégrés dans les réseaux politiques de droite et d’extrême droite. Deuxième volet de notre série de trois longs articles consacrée à l’ascension de l’extrême droite dans ce bout de Normandie.
« Le Rassemblement national a les électeurs, Les Républicains ont les cadres et Reconquête a les militants. » Ce triptyque tournait dans les milieux d’extrême droite de l’Orne il y a encore quelques années. Mais il s’avère daté, voire obsolète, tant le Rassemblement national est en passe de tout rafler. Et d’abord les électeurs : entre 2017 et 2024, le Front National, devenu RN, a triplé son nombre de voix dans le département, passant de 15 000 à 48 000 au premier tour des législatives de 2024, devenant ainsi le premier parti de l’Orne en nombre de voix, près de 10 % devant Les Républicains.
Et les militants ? Ils sont de plus en plus nombreux à passer au RN. Le parti revendique d’avoir recruté pas moins de 100 personnes juste après la condamnation en première instance de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires du Parlement européen.
Certes, les dernières élections législatives n’ont pas été concluantes pour le RN puisqu’ils n’ont emporté aucune des trois circonscriptions. Mais les candidats, tous de nouveaux visages pour le parti d’extrême droite, ont réalisé des scores encore jamais atteints dans le département. Dans la première circonscription, acquise aux socialistes depuis 2012, Nadine Belzidsky et son suppléant Oscar Piloquet ont provoqué un vent de panique en devançant la députée sortante au premier tour de près de 8 points, alors que le RN ne s’était jamais qualifié au second tour dans cette circonscription. Et Gérard Vienne a réuni près de 46 % des voix au second tour dans la deuxième circonscription. Seul le très implanté Jérôme Nury (Les Républicains) n’a pas autant tremblé dans la 3e circo. Ces candidats n’ont pas enregistré de tels scores sur leur nom ou grâce à leur campagne, la candidate dans la 3e circonscription de l’Orne faisant même partie des bataillons de candidats fantômes du RN.
Le parti à la flamme veut aujourd’hui installer Piloquet et Vienne en tant que cadres sur lesquels il faudra pouvoir compter. Et espère également s’appuyer sur des alliés précieux du côté des ciottistes, via un élu local bien implanté, Jean-Édouard Geugnon. Le tout en se reposant sur l’un des gros bras de l’extrême droite, bien connu des services d’ordre mais peu fréquentable, Yoann Robin.
Le jeu des chaises musicales semble complet. Et tant pis pour ceux qui sont arrivés trop tôt, ou partis trop vite ailleurs, comme l’ancien secrétaire départemental du RN Raymond Herbreteau ou la conseillère régionale Claire-Emmanuelle Gauer, tous deux partis vers le parti Reconquête d’Éric Zemmour. Tour d’horizon des visages de l’extrême droite ornaise.
Gérard Vienne est tout sauf un débutant. Bien qu’ils ne soit pas encore clairement identifié à Vimoutiers, où il réside depuis 2011 et où il s’est investi dans la paroisse, il compte bien s’y faire un nom. Aux dernières législatives, dans la commune du nord du département, il étaient 613 à voter pour lui dans cette bourgade de 3 000 habitants.
Aujourd’hui, l’objectif de cet homme de 72 ans, qui a connu plusieurs vies professionnelles (juriste, enseignant, commerçant) est clair : gagner les municipales de 2026 pour le RN à Vimoutiers, où le parti d’extrême droite présente pour la première fois une liste. Le village fait même partie des quatre à cinq communes à avoir reçu l’investiture de la commission nationale du RN dans l’Orne.
Gérard Vienne est un militant de longue date passé par toutes les familles politiques de droite et d’extrême droite en vingt ans. Son engagement politique commence en 1968 où il milite en faveur du Général de Gaulle et contre les manifestants. Il se range ensuite aux côtés de Philippe de Villiers lors du référendum de 2005 sur le traité instaurant une constitution à l’Union européenne. Puis direction l’UMP où il soutient alors Jean-François Copé. En 2022, il a brièvement adhéré à Reconquête, où il fut suppléant du candidat aux législatives dans la 2e circonscription de l’Orne. À l’arrivée, le retraité originaire de la région parisienne a rejoint le Rassemblement national en amont des élections européennes, en 2024.
« Reconquête a joué un rôle avec Zemmour dans la sensibilisation de l’opinion aux thèses que le RN soutenait », justifie le septuagénaire en costume-cravate. « Je pense que ça a séduit les classes moyennes et supérieures. » Traduction : selon lui, Éric Zemmour a permis a une certaine partie de la bourgeoisie de droite de basculer vers Marine Le Pen.
Comment un « gaulliste » d’antan a-t-il pu rejoindre le parti historiquement opposé au général ? Le professeur en droit public à l’université de Caen, Christophe Boutin, n’est pas étonné d’un tel zigzag. « En 1968, le vote gaulliste est un vote nationaliste et souverainiste. La construction européenne a pu faire naître un sentiment de trahison envers les idées gaullistes. »
Ayant rejoint le RN pendant la campagne des européennes, il est propulsé tête de liste aux législatives en 2024 pour le parti de Marine Le Pen dans la 2e circonscription de l’Orne. Gérard Vienne ne rejoint pas le RN seul. Il emmène avec lui des militants de Reconquête, dont un certain Oscar Piloquet.
À 27 ans, Oscar Piloquet incarne cette jeunesse arrimée à l’extrême droite par Zemmour. Issu d’une famille très politique — grand-père gaulliste, père élu de centre gauche —, il est séduit en 2021 par « la dimension gaulliste et intellectuelle de Zemmour ».
Le grand brun parle avec assurance et sait réciter ses éléments de langage. Sauf quand on lui rappelle ses premiers pas en politique. Dans l’équipe du candidat zemmouriste de l’Orne, c’est alors l’euphorie. « Une dynamique militante inédite depuis Sarkozy », nous raconte-t-il. Mais aussi des tensions et des immaturités organisationnelles, notamment en matière de collage d’affiches. En 2022, à travers le compte officiel de Génération Z sur twitter, il répondit par un ‘mème’ (ndlr: élément de contenu, sous forme d'une image, une vidéo ou un texte, principalement caractérisé par sa nature humoristique ou sarcastique) au journaliste qui écrit ces lignes…
Comme Gérard Vienne, il rejoint le RN pour les dernières Européennes. Sans renier son ancrage idéologique zemmourien, le jeune premier d’Alençon assume rejoindre le RN pour des questions stratégiques : « Si les luttes contre l’immigration de masse et le wokisme sont des priorités nationales, je suis parvenu au constat qu’elles ne constituent pas une base suffisante pour progresser dans l’Orne ni pour construire le grand mouvement populaire qu'Éric Zemmour appelait de ses vœux. »
En 2024, il est suppléant de la candidate RN dans la 1re circonscription de l’Orne. Dans une campagne particulièrement disputée, Nadine Belzidsky (RN) vire en tête au premier tour avec plus de 3 000 voix d’avance. Mais le retrait de la candidate macroniste au profit de la socialiste sortante, Chantal Jourdan (NFP), inverse la tendance : la gauche l’emporte avec 3 000 voix d’écart. Le RN atteint toutefois 46,11 % dans une circonscription historiquement hostile, un record.
Désormais, Oscar Piloquet prépare les municipales à Alençon en tant que tête de liste sous l’étiquette RN. Un projet qui inquiète la gauche locale, persuadée que la campagne sera dominée par les thèmes de l’immigration et de l’insécurité. Constatant moins d’hostilité à son encontre, le vingtenaire se dit confiant : « On reçoit de plus en plus de soutien sur les marchés. »
Le jeune militant confie avoir souffert des « petites guerres » entre les appareils d’extrême droite : « Pour quelqu’un, comme moi, attaché à l’union nationale, ça a été une vraie déception. » À ses yeux, le RN a une force que Reconquête n’a jamais su trouver : « Une dimension plus populaire, qui dépasse les clivages sociaux et qui parle aussi à des électeurs moins politisés, avec un discours plus simple, plus intelligible. »
« Très bien implanté dans le territoire et issu de la droite parlementaire, un profil comme le sien c’est une plus-value pour le RN », vante Oscar Piloquet à propos de son ‘ami’ ciottiste. Sur X, le jeune homme félicite son aîné en politique comme dans la vie : « Le camp national pourra compter sur son expérience d’élu local pour construire l’alternance face à une droite départementale compromise au centre. »
Jean-Édouard Gueugnon est vu comme une porte d’entrée vers la notabilité pour l’extrême droite. À 39 ans, il roule sa bosse en politique depuis quelque temps. Conseiller municipal de Tourouvre au Perche depuis 2020, collaborateur parlementaire de plusieurs sénateurs Les Républicains jusqu’en 2025, Jean-Édouard Gueugnon décide de quitter LR dans les pas d’Éric Ciotti. Il est désormais référent ornais de l’Union des droites pour la République (UDR), le parti de Ciotti.
L’alliance entre Les Républicains dissidents et le Rassemblement national prend forme dans l’Orne. « Nous allons avoir des militants et des cadres des deux partis sur certaines listes aux municipales », annonce Oscar Piloquet.
Pour le politologue Christophe Boutin, cette alliance pourrait s’avérer décisive : « L’UDR apporte un ancrage local au RN. Lorsqu’on quitte un parti pour un autre, cela peut être perçu comme une trahison ou un choix de raison. Tout dépend de la manière dont la transition s’est faite. Ces passerelles peuvent faciliter les unions entre les deux tours. Une des clés du scrutin municipal est là : le cordon sanitaire sera-t-il maintenu ? »
Sur le terrain, certains élus LR admettent entretenir des relations cordiales avec leurs homologues du RN. Jean-Édouard Gueugnon nuance : « Avec les autres élus LR du département, on s’entend bien. Les relations dépassent souvent la politique. Sauf avec quelques élus très à gauche, ça se passe bien avec tout le monde. »
S’il assure ne pas travailler à un rapprochement formel entre LR et RN, il reconnaît toutefois « échanger avec des gens des deux bords. Lucidement, il n’y a plus grand-chose qui sépare tout ce beau monde. »
Même le vice-président de la région Normandie Bertrand Deniaud, ancien LR et fin connaisseur du parti dans l’Orne, doute d’un accord dès le premier tour : « Des alliances locales au premier tour, je n’y crois pas trop. Mais au second, tout dépendra des rapports de force. »
Reste que les figures de cette droite nouvelle génération semblent plus structurées qu’autrefois. Surtout, les cadres de l’UDR ont une véritable expérience du travail parlementaire, notamment au Sénat où la droite est en situation de majorité.
Jean-Edouard Geugnon n’a pas attendu de rejoindre Ciotti pour flirter avec l’extrême droite. Comme Gérard Vienne, il est passé par le Mouvement pour la France, ancien parti créé par Philippe de Villiers. À sa dissolution, en 2008, il s’est fondu dans l’aile droite de l’UMP, se sentant « gaulliste pur », « souverainiste », idéologiquement proche de Philippe Seguin ou Marie-France Garreau. Opposé au « carcan technostructurel européen », il considère que les accords de Schengen ont été un « point de bascule à droite ».
Il entre en 2008 à l’UMP juste après l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, et ne va vivre que des défaites politiques : la deuxième campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, les affaires de François Fillon, et les 4,78 % de Valérie Pécresse à la présidentielle de 2022.
Il a participé aux prémices de l’aventure Zemmour. En 2021, il est contacté par un ancien camarade de l’UNI - mouvement étudiant de droite - pour monter quelque chose autour du polémiste d’extrême droite. Mis en relation avec Sarah Knafo, il devient trésorier d’une association de financement. « J’ai toujours beaucoup suivi Éric Zemmour, j’ai lu un bonne partie de ses livres, je suivais ses chroniques sur CNews, je le lisais dans le Figaro », nous explique-t-il. Mais il quitte le projet six mois plus tard, lorsque Zemmour envisage sérieusement de se présenter à la présidentielle : « J’ai vu beaucoup de monde arriver: des hauts fonctionnaires, des gens issus de la société civile et une ambiance startuper. Une atmosphère assez parisiano-centrée. J’étais moins à l’aise. »
S’il a eu le nez creux de quitter le navire suffisamment tôt, ce n’est pas le cas de tout le monde…
Si l’une des figures d’extrême droite dans l’Orne a tout perdu, c’est bien Claire-Emmanuelle Gauer. Sans réelle expérience et malgré son « manque de connaissance des collectivités locales », la trentenaire est propulsée en 2021 par le RN tête de liste aux régionales dans le département. Elle n’avait pourtant jamais pris sa carte nulle part. « À ma grande surprise, j’ai été investie tête de liste dans l’Orne », raconte la jeune femme aux longs cheveux noirs à l’élocution aisée.
L’ancienne figure normande du RN Nicolas Bay était alors allé chercher cette catholique traditionaliste, professeure de philosophie dans une école hors-contrat pour jeunes filles de Sées, l’institut d’Argentré - Sainte Anne. Mais ce qu’elle oublie de préciser, c’est qu’elle fut une adepte active d’Academia Christiana (sulfureux institut, né en partie dans l’Orne, de formation politique et religieuse, que nous évoquerons dans le 3e et dernier volet de notre enquête) au moins entre 2013 et 2018, comme l’attestent des documents aujourd’hui effacés d’Internet mais retrouvés via les archives. Elle y apparaît sous son nom de jeune fille.
Comme d’autres candidats RN à cette époque, Gauer sort de nulle part. À l’époque, il n’y avait pas de filière militante structurée : pas d’échelons à gravir, des candidats interchangeables à chaque scrutin, parfois sans campagne réelle, disparaissant aussitôt après. Mais elle, contre toute attente, est élue. Et commence à pousser ses thèmes : anti-éoliennes, anti-subventions versées à des spectacles jugés trop ‘woke’…
En 2022, malgré ce succès sous l’étiquette RN, elle décide de suivre Nicolas Bay dans l’aventure zemmourienne, se présente aux législatives pour Reconquête, puis figure en position non éligible sur la liste de Marion Maréchal aux Européennes.
Aujourd’hui, bien qu’elle ait officiellement rallié le nouveau parti de Marion Maréchal, Identité-Libertés, elle assure vouloir prendre du recul : « Les élus de ce type de parti sont davantage un moyen de servir le national que des acteurs politiques locaux ». Elle dénonce une déconnexion entre les préoccupations nationales et les réalités du terrain : « Oui, il faut maîtriser l’immigration pour préserver l’identité de la France. Mais ça ne peut pas être le seul sujet. Dans l’Orne, les enjeux sont aussi économiques et démographiques: les jeunes partent faire leurs études, la population vieillit, et il faut humaniser les conditions de vie des personnes âgées. Si on ne parle que d’immigration, on devient inaudible et on perd en crédibilité sur le reste ».
Ce qu’elle ne dit pas en revanche, c’est que son passage du RN à Reconquête l’a rendue indésirable pour un éventuel retour au sein de la maison mère. Contrairement à d’autres figures de l’extrême droite ornaise, Claire-Emmanuelle Gauer semble avoir brûlé ses cartouches. Trop exposée, trop vite. Ses revirements successifs l’ont rendue inaudible. Là où certains avancent discrètement, en tissant patiemment des réseaux d’élus ou d’associatifs, elle est aujourd'hui isolée. Elle dit vouloir désormais « se recentrer sur le local », mais on peine à voir comment. À la fin de son mandat régional, rien n’indique qu’elle puisse être réélue.
C’est le « monsieur muscles » de l’extrême droite dans l’Orne. Sur les photos de campagne ou sur ses réseaux, Yoann Robin assure régulièrement la sécurité dans les opérations de tractage politique du RN dans l’Orne. Cheveux en arrière et barbe bien taillée, il y joue encore les gros bras. Il a ainsi agressé un militant de gauche à Alençon : après avoir vu ses tracts déchirés, l’homme a été violemment bousculé. Ce jour-là, Yoann Robin portait un t-shirt aux couleurs de Génération identitaire, groupuscule aujourd’hui dissous.
Sur les réseaux sociaux, Yoann Robin entretient plusieurs comptes X (ex-Twitter) et au moins un Facebook. Un mélange de politique locale, d’invectives violentes et de complotisme. Il dénonce « la tyrannie de gauche » de la maire de sa commune, l’insécurité ou l’impunité judiciaire. Mais il dérape régulièrement : le député insoumis Aymeric Caron devient « l’islamogauchiasse en PLS, le sac à foutre » ; un élu PCF est traité de « petite fiotte » ; Anne Hidalgo de « dinde » ; Mathilde Panot de « Peggy la cochonne ». Les militants pro-palestiniens sont insultés de « Free palestringues ». LFI est réduite à la « pute à Macron ».
Sexiste, homophobe, vulgaire, il relaie aussi des images dégradantes en ligne. Mais, entre deux ‘bons mots’, il se montre étonnamment convivial avec certains notables locaux : il se dit l’ami de l’ex-maire de Caen Joël Bruneau, pose en photo avec le sénateur de l’Orne Olivier Bitz, assure recevoir les conseils de la sénatrice Nathalie Goulet, ou affiche son soutien à la militante des droits des Afghanes Chela Noori. Robin a même porté plainte contre X pour usurpation d’identité après qu’un compte à son nom avait insulté en ligne le maire de Sées, Mostefa Maachi… Contacté par Le Poulpe, l’homme nous a répondu laconiquement : « Je ne pourrais répondre à vos affirmations. » Fermez le ban.
Il est difficile de suivre son parcours à l’extrême droite tant l’homme passe d’une crèmerie à l’autre. Reconquête, RN, Les Patriotes… il a tout essayé. En 2022, il tracte pour Marine Le Pen. Puis le journal Libération le présente un temps comme un homme de main de Reconquête chargé de la sécurité des meetings. En soutien de Marion Maréchal qui se présente aux Européennes pour Reconquête, il colle aussi ses affiches sous les couleurs du Parti de la France (PdF), micro parti ultranationaliste dont il dirigeait le service d’ordre. Il a fini par rejoindre le nouveau mouvement de la jeune femme, Identité-Libertés.
Cette enquête a été réalisée avec le concours du Fonds pour une presse libre dans le cadre de l'appels à projets « Extrême droite: enquêter, révéler, démonter ». Plus d'infos ici :
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