Au CHU de Rouen, on compte même les clémentines… – LE POULPE

Au CHU de Rouen, on compte même les clémentines…

Comment ?! Une seule clémentine au lieu de deux pour les patients, comme le stipule une note interne au CHU Charles-Nicole ? On savait que l’hôpital public comptait ses sous, mais à ce point-là… Sauf que le souci ne s’avère pas budgétaire mais sémantique. Explications.

Par Gilles TRIOLIER | 31 Jan 2018

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A l’heure des restrictions budgétaires à tous les étages et des malades qui s’entassent joyeusement dans les couloirs des urgences, voilà une petite note d’information interne au CHU Charles-Nicole de Rouen qui ne redore pas, de prime abord, le blason de l’hôpital public. Si elle circule actuellement sur les réseaux sociaux, elle remonte en fait à quelques mois, au 8 mars 2017 précisément. Emanant de l’unité restauration, d’où sortent chaque jour 11 à 12 000 repas, elle s’adresse à l’ensemble des services et les informe que « les clémentines ayant un poids équivalent à un fruit servi habituellement, il faudra donner une clémentine par personne au lieu de 2 ».

Ah, les rats ! Faire des économies même sur les fruits, il fallait y penser. Et la toile de s’emballer, toujours prompte à enfourcher le cheval de l’indignation, ce qui serait il faut l’avouer légitime dans ce cas. Passons tout de même un coup de fil à la direction du CHU. Alors, s’agit-il d’une basse logique budgétaire ou, restons optimistes, d’un souci diététique ? Ni l’un ni l’autre, désamorce illico Rémi Heym, le directeur de la communication qui a vu lui aussi passer sur les réseaux le « post » où est reproduite la note d’information, et qui se dit conscient qu’en l’état, sans explications, « cela puisse paraître hallucinant ».

« C’est un problème linguistique, assure-t-il. Ce jour-là, le 8 mars, et seulement ce jour-là, il y a eu un problème de livraison, le fournisseur ayant livré moins de clémentines que prévu, mais plus grosses. Les gens du service restauration, qui ne font pas dans la dentelle au niveau écriture, ont donc adressé cette note aux différents services de soins. Mais cela était juste valable ce jour précis et n’a pas perduré dans le temps. Pris hors contexte, forcément… Nous pouvons faire des bêtises, ça nous arrive, mais là ce n’est pas le cas. » Ouf !

Pour corriger le tir et éviter que « l’information » ne continue à gonfler sur le net, le CHU nous indique qu’il va apporter quelques précisions sur ses propres pages Facebook et/ou Twitter. Et, à l’avenir, mettre davantage l’accent sur les explications et la communication, histoire d’éviter ce genre de mésaventure.

  

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