Alençon : soupçons d’esclavage moderne dans le secteur du BTP

« Quand on l'a vu sortir un cutter de son camion et une barre de fer, on a appelé la police. Mais un peu plus tard, deux gars sont arrivés pour nous menacer..." Dans la préfecture de l’Orne, une entreprise de BTP est soupçonnée de traite d'êtres humains après avoir employé illégalement au moins trois ouvriers sans-papiers. Dans cette affaire pénale, sur laquelle se penche cette semaine le tribunal correctionnel d’Alençon, deux autres sociétés, donneuses d’ordre, sont également visées.

S’il est désormais en sécurité, Malek (1) est encore marqué par ce qu’il a vécu à Alençon. Les yeux hagards, ce jeune Égyptien enchaîne nerveusement les cigarettes et peine à trouver le sommeil. Âgé d’une vingtaine d’années, il a quitté son pays en 2022 pour rallier l’Italie puis la France. Après Paris, cap sur Alençon où Ahmed D., un compatriote égyptien, lui a promis un poste dans sa société de BTP. Mais selon son témoignage, de mai 2024 à juillet 2025, il aurait été victime de traite d’être humain et de travail dissimulé. C’est ce que dénonce également Fouad (1), d’origine tunisienne : « À mon arrivée en mai 2025, j’ai vu comment notre patron traitait Malek et les autres salariés...

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