Aéroports : les collectivités normandes investissent, malgré la crise – LE POULPE

Aéroports : les collectivités normandes investissent, malgré la crise

Alors que le trafic aérien est en chute libre depuis le mois de mars, les travaux de construction de la nouvelle aérogare de Deauville débuteront début 2021, tandis que l'extension du parking avions de Caen-Carpiquet se termine. Un coût total de 13,3 millions d'euros pour la Région Normandie et la communauté urbaine Caen-la-Mer.

Par Isabelle JARJAILLE | 02 Oct 2020

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90 % de trafic en moins depuis le mois de mars. A l’aéroport de Deauville l’impact de la crise sanitaire est brutal, avec l’arrêt quasi total des voyages d’affaires et de tourisme, tandis que Caen-Carpiquet a perdu environ 50 % de son trafic. Et les perspectives ne sont pas meilleures : le gouvernement a déjà acté le prolongement du dispositif de chômage partiel pour les exploitants d’aéroports jusqu’en mars 2021. « Il faut attendre et espérer. C’est tout pour l’instant », résumait Maryline Haize-Hagron, directrice des deux aéroports, citée par France Bleu Calvados le 25 septembre.

Cela n’a pourtant pas empêché la région Normandie, propriétaire de l’aéroport de Deauville, et la CCI Seine Estuaire, exploitant de l’aéroport jusqu’en 2022, de lancer les marchés publics pour la construction de la nouvelle aérogare, qui sera deux fois plus grande, pour un coût de 9,5 millions d’euros à la charge de la région. Lancés en juillet, les appels d’offres ont été clôturés le 21 septembre et les travaux débuteront en 2021. 

 

Un investissement que la région Normandie assume, malgré la crise : « Notre conviction c’est que le trafic va reprendre, répond Vincent Breteau, directeur général adjoint, en charge des transports, à la région Normandie. Peut-être qu’il reprendra lentement, mais il n’y aura pas de désaffection durable pour l’aérien, nous devons être prêts pour l’été 2023. » Un avis que ne partage pas Caroline Amiel, élue régionale Europe Ecologie Les Verts : « Ils gardent les mêmes projections qu’avant la crise, ce sont des politiques tournées vers l’ancien modèle. » La région serait-elle en plein de déni de réalité ? « Nous nous sommes interrogés avec la crise, évidemment, répond Vincent Breteau. La preuve, c’est que nous n’avons pas lancé la délégation de service public commune aux quatre aéroports, comme prévu.  Nous avons lancé une nouvelle étude pour revoir le mode de gestion des plateformes, afin de reposer les questions au regard de la crise sanitaire. C’est toujours en cours. Mais concernant Deauville, si on ne faisait rien on allait vers la fermeture de l’aéroport, alors qu’il est important pour le territoire. » 

3,8 millions d’euros pour agrandir le parking avion de Caen-Carpiquet

Du côté de Caen-Carpiquet, la communauté urbaine de Caen-la-Mer (propriétaire de l’aéroport), présidée par le maire de Caen Joël Bruneau (LR), a validé, jeudi 24 septembre, la signature d’une convention avec la région Normandie, pour financer l’extension du parking avions. 3,8 millions d’euros d’investissements : 50 % payé par Caen-la-Mer, 25 % par la Région et 25 % par la CCI Caen Normandie, exploitant de l’aéroport. 

 

Cette extension doit permettre à l’aéroport de faire face à « la croissance actuelle du trafic », stipule la convention présentée en septembre aux élues et élus de Caen-la-Mer et à ceux de la région. En total décalage avec la situation actuelle. « Concernant Caen-Carpiquet, les décisions d’investissements appartiennent à Caen-la-Mer, précise Vincent Breteau. Mais la région Normandie s’est engagée, via l’association Aéroports de Normandie, à financer 25 % des investissements sur les plateformes. Nous avions dit oui pour l’extension du parking avion, avant le confinement : les travaux ont débuté en avril et se terminent en novembre. Nous avions pris un engagement financier, nous nous y tenons. » 

Quid de l’allongement de la piste de Caen-Carpiquet ?

Cette extension sera-t-elle suivie de l’allongement de la piste, projet lancé par Caen-la-Mer fin 2018, pour un montant de 8,5 millions d’euros ? La semaine dernière, les élus de la liste de gauche Caen au Coeur demandaient un moratoire sur le sujet, estimant le projet « décalé » après la crise.  Sollicitée, Caen-la-Mer nous a fait savoir que personne ne répondrait à nos questions. Nous pouvons simplement relire ce que Joël Bruneau déclarait le 27 août 2020, dans Ouest-France :« L’allongement de la piste n’est pas un dogme, nous tiendrons compte du contexte avant de prendre une décision. Nous sommes actuellement au stade de la concertation ». En attendant, l’association Alternatiba Caen appelle à manifester contre le projet, ce samedi 3 octobre à l’aéroport, dans le cadre de la journée nationale « Marchons sur les aéroports ». 

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