Paris-Normandie : le tribunal de commerce choisit le belge Rossel – LE POULPE

Paris-Normandie : le tribunal de commerce choisit le belge Rossel

En début de journée, ce lundi 15 juin, les employés du quotidien normand ont appris la décision du tribunal de commerce de Rouen : le groupe Rossel-La Voix (Le Soir, La Voix du Nord…) est désormais propriétaire du titre. Il dame ainsi le pion à l’autre offre de reprise portée par l’ancien actionnaire, Jean-Louis Louvel, associé au groupe IPM, belge lui aussi.

Par Coline Poiret | 15 Juin 2020

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C’est au 49 rue Duguay Trouin, à Rouen, devant le greffe du tribunal de commerce, que se sont réunis les employés de Paris-Normandie, ce lundi. Entre les chasubles de la CGT et les drapeaux du SNJ, l’impatience était de mise. Depuis le 21 avril et l’annonce de la liquidation du titre, la reprise était devenue un dossier aux forts enjeux économiques et politiques. 

L’annonce faite et le choix de Rossel entériné, un sentiment de soulagement s’est répandu chez les personnes présentes : « C’est bon, c’est fait maintenant, on peut passer à autre chose. » Le Poulpe a pu rencontrer les employés de l’imprimerie de Saint-Etienne-du-Rouvray qui nous confient : « On ne voulait pas de l’ancien actionnaire (NDLR : Jean-Louis Louvel). Au moins aujourd’hui on a un groupe stable qui connaît la presse locale, qui sait de quoi on parle et qui est fort financièrement. » Rossel offrait en effet les garanties financières les plus stables. De plus, l’offre de reprise Louvel/IPM ne prévoyait pas de conserver l’imprimerie de Saint-Etienne-du-Rouvray. « La procédure a été relativement rapide, on a eu ce qu’on voulait même s’il y a des conséquences, des emplois qui sautent… Aujourd’hui on est plus confiants avec ces nouveaux actionnaires », estime l’un des employés de l’imprimerie. 

« Ça reste une liquidation et il y aura des conséquences : des emplois supprimés. Mais accorder la reprise au groupe Rossel c’est assurer une voie pérenne et stable pour le titre et ses employés », indique Jessy Levy, avocate des salariés.

Il est prévu qu’une soixantaine de postes, sur les 240 que compte actuellement le journal, soient supprimés. Rossel promet une indemnité supralégale de 28 000 euros et entend également conserver les sept éditions et les agences. 

En intégrant le groupe Rossel, Paris Normandie rejoint ainsi L’Union (quotidien de Reims) et Le Courrier picard, dont les récents redressements récents ont été considérés comme réussis. 

La stratégie de Jean-Louis Louvel, que Le Poulpe avait largement documentée, a donc échoué. Après son étonnant abandon, entre les deux tours, dans la course à la mairie de Rouen, le ralentissement économique dû au coronavirus qui a touché son entreprise de palettes en bois PGS, voilà maintenant qu’il perd le journal régional. Il est déjà temps pour lui que 2020 se termine.

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