Municipales dans l’Eure : Claire O’Petit critique la méthode Lecornu – LE POULPE

Municipales dans l’Eure : Claire O’Petit critique la méthode Lecornu

Friture sur la ligne au sein de la macronie euroise.

Par LePoulpe | 26 Juin 2019

1+
recommander

« Nous allons parler des municipales car j’entends que chacun des conseillers départementaux de mon groupe joue un rôle dans cette bataille qui est importante, tant dans les grandes villes que dans les villages ruraux. » Celui qui parle, c’est Sébastien Lecornu, lundi dernier lors d’une visite à Saint-Sulpice-de-Grimbouville, près de Pont-Audemer (Eure), où l’ambitieux ministre des Collectivités territoriales, passé des Républicains à la République en marche en 2017, venait préparer le terrain des municipales, enjeu majeur pour les macronistes, aux manettes à Paris mais pas dans les fameux territoires.

Ces propos, rapportés par la presse locale, n’ont pas emballé la députée euroise Claire O’Petit, pourtant LREM elle aussi. Outre un échange récent par SMS entre les deux élus, l’ex-animatrice radio a dégainé un communiqué de presse pour s’étonner, en substance, que Sébastien Lecornu, ex-président du Département de l’Eure et véritable patron politique du territoire, évoque un nécessaire engagement de l’ensemble des conseillers départementaux de la majorité née en 2015. « Pour un grand nombre d’entre eux, écrit la députée, ces conseillers sont des élus LR ou Sens Commun (mouvement politique né à la suite de la manif pour tous) ayant soutenu la liste Bellamy aux Européennes de mai dernier et donc incompatibles avec LaREM. »

Au niveau politique, l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, a crée une situation particulièrement cocasse dans l’Eure. Sébastien Lecornu a, très tôt, rallié LREM tandis que ses affidés locaux sont, pour la plupart, restés fidèles aux Républicains tout en s’abstenant de critiquer trop vertement le pouvoir macronien. Sur le terrain, les élus de la droite républicaine se doivent de ménager la chèvre et le choux. Et c’est bien cette ambiguïté qui, semble-t-il, irrite Claire O’Petit.

La parlementaire se dit « surprise que l’on inverse ainsi la logique du renouveau. En effet, les prochaines municipales peuvent tout changer au niveau départemental » : « Je me battrai pour que le mouvement présidentiel investisse le maximum d’adhérents LaREM aux départementales dans l’Eure. »

Contrairement « à une certaine vision de la politique », la députée estime « qu’il n’est pas nécessaire d’être élu au préalable pour être candidat » et ajoute « qu’elle soutiendra au maximum celles et ceux qui se battent depuis deux ans pour faire vivre le projet présidentiel de façon à faire élire comme président du Département Sébastien Lecornu s’il décidait de l’être à nouveau ». De l’art de mettre un petit taquet au ministre et, en même temps, de s’incliner devant lui.