En Normandie, le Rassemblement National visé par une enquête pénale – LE POULPE

En Normandie, le Rassemblement National visé par une enquête pénale

Selon nos informations, la justice normande s'est saisie des révélations du Poulpe de juin dernier en rapport avec une possible utilisation frauduleuse des moyens financiers de la Région par la formation d'extrême droite.

Par Manuel SANSON | 18 Nov 2021

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Une énième affaire judiciaire. Alors que le Rassemblement National et plusieurs de ses cadres sont déjà visés par diverses procédures, une nouvelle enquête a été ouverte en Normandie visant les mauvaises pratiques supposées de la formation politique de Marine Le Pen.

Selon nos informations, une enquête préliminaire a été ouverte contre X, cet été, par le parquet de Rouen, des chefs de prise illégale d’intérêts et de détournement de fonds publics. Contacté pour obtenir plus de détails, le procureur de la République de Rouen n’est pas revenu vers nous avant la mise en ligne de cet article.

Cette nouvelle procédure fait suite à la publication d’une enquête du Poulpe, en deux volets (ici et là), sur des soupçons d’une utilisation irrégulière des fonds publics mis à la disposition du groupe RN à la région Normandie durant le précédent mandat.

A ce stade, toutes les personnes citées dans notre article restent présumées innocentes. « Ces accusations sont totalement mensongères et, s’il y a une enquête, ce sera l’occasion pour nous de le démontrer aisément », réagit aujourd’hui Nicolas Bay, chef de file du parti de Marine Le Pen en Normandie et président du groupe des élus RN à la Région.

« Les moyens humains et matériels octroyés au groupe des élus RN ont été exclusivement utilisés dans le cadre défini par la loi et dans les règles fixées par le conseil régional », ajoute l’ancien secrétaire général du FN récemment nommé porte-parole de Marine Le Pen, candidate à l’élection présidentielle.

L’article du Poulpe avait documenté la manière dont Nicolas Bay avait installé certains de ses proches à différents postes de collaborateurs du groupe. Plusieurs éléments laissent à penser que ces assistants auraient pu travailler à des missions politiques autres que celles pour lesquelles ils étaient officiellement rémunérés.   

« L’article de presse a attiré l’attention du procureur de la République sur le fond du dossier et les infractions qui y sont dénoncées. Ce qui pose question, c’est l’activité de certains collaborateurs du groupe RN à la Région dont on se demande s’ils ont une réelle activité pour la région ou pour l’appareil politique du RN », glisse une source proche du dossier. 

L’utilisation des locaux du groupe RN au conseil régional à des fins irrégulières, également documentée par notre enquête, serait également concernée par l’enquête. Le Poulpe avaient notamment mis au jour des courriels internes évoquant une réunion de formation de militants RN dans les locaux du groupe du parti à la Région.

D’après nos informations, de premières auditions ont déjà eu lieu dans ce dossier. A ce stade, aucun cadre du Rassemblement National normand n’a encore été entendu. Il n’y aurait pas encore eu de perquisitions ou de gardes à vue dans ce dossier. L’enquête n’en est qu’à ses débuts.

Les investigations judiciaires pourraient éventuellement mettre au jour d’autres pratiques irrégulières. Contrairement à une commission rogatoire émise par un juge d’instruction dans le cadre d’une information judiciaire,  l’enquête préliminaire, conduite par le parquet, permet en effet aux enquêteurs de brasser large pour remonter dans leurs filets de nouveaux éléments pouvant faire l’objet d’une qualification pénale.

 

 

Nous publions à nouveau ci-dessous notre enquête initiale datée du 7 juin 2021 :

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