Crue de la Seine à Rouen : “méleaudie” en sous-sol au 108 – LE POULPE

Crue de la Seine à Rouen : “méleaudie” en sous-sol au 108

Le parking en sous-sol « semi-enterré » du 108, le nouveau siège de l’intercommunalité rouennaise sur les quais rive gauche, a fait les frais de la première crue de la Seine en 2018, début janvier.

Par Gilles TRIOLIER | 06 Fév 2018

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Construire en zone inondable expose indubitablement au risque d’avoir un jour les pieds dans l’eau. Et même si les équipements de protection sont en place, encore faut-il qu’ils fonctionnent correctement. Sur les quais de la rive gauche, entre les ponts Guillaume-Le-Conquérant et Flaubert, le nouveau siège de la Métropole Rouen Normandie, le 108 (coût officiel : 25 millions d’euros), a pu en faire l’humide expérience, lors de la crue de la Seine observée les 3 et 4 janvier derniers et non lors de celle, plus récente, du 31 janvier.

Il n’est pas question ici du rez-de-chaussée du bâtiment dessiné par l’architecte Jacques Ferrier, resté au sec car surélevé à 1,20 m de hauteur avec comme base la crue de référence de 1910, mais du parking en sous-sol « semi-enterré ».

«  En effet, nous avons eu une infiltration d’eau dans le parking, de 10 à 12 cm environ. Les voitures de service qui y étaient garées ont été rapidement sorties et l’eau a pu être pompée », nous confirme Frédéric Boyere, responsable des travaux à la direction des bâtiments de la Métropole. A l’écouter, un « clapet antiretour n’a pas fonctionné » : « Cela marche plus ou moins comme une chatière, qui permet d’évacuer vers la Seine les eaux de pluie descendant au niveau du sous-sol dans une cuve de récupération. C’était la première fois que le bâtiment a été confronté à ce genre de crue, qui arrive une fois tous les deux ans. Et cela nous a servi de test, en quelque sorte. Le problème a été corrigé et il ne s’est pas répété lors de la dernière crue. »

« Les véhicules de service ne pouvaient rester dehors la nuit »

A l’inverse de la salle de concerts le 106, posée à deux pas sur ces mêmes quais rive gauche, et aussi des restaurants situés en face dans les hangars des quais rive droite, la Métropole a fait le choix de disposer d’un parking sous son nouveau siège. « Les véhicules de service ne pouvaient rester dehors la nuit », justifie Frédéric Boyere. Risqué ? Non, jure-t-il, excepté cette défaillance du clapet : « En hauteur, le bâtiment a été calé sur les scénarios les plus défavorables (en termes de montée des eaux possible). Les murs sont étanches et, pour accéder au parking, il faut d’abord monter au rez-de-chaussée (surélevé, donc) avant de redescendre. Bref, il peut y avoir de l’eau tout autour du bâtiment sans que cela pénètre dans le parking. »

Au niveau des règles d’urbanisme, le 108 se trouve dans un secteur dit Na2, qui correspond au sillon de la Seine, et s’avère donc soumis au Plan de prévention des risques naturels prévisibles d’inondation (PPRI), adossé au Plan local de l’urbanisme rouennais. Ce PPRI identifie deux types de zones, la rouge, « particulièrement exposée », et la bleue, « moins exposée et où il convient essentiellement d’y préserver l’expansion des crues ». Si à cet endroit, les abords immédiats du fleuve sont classés en zone rouge, le bâtiment de l’intercommunalité, lui, se situe en zone bleue. Y sont autorisés « les sous-sols à usage de parkings collectifs, à condition que les dispositions constructives en empêchent la submersion ou qu’un système d’alerte et d’évacuation, de mise en eau et de vidange soit prévu ». Encore faut-il que cela fonctionne.

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