LePoulpe – LE POULPE

Le préfet de Seine-Maritime écrit au Poulpe à propos de Lubrizol

A la suite de l’ article du 22 juillet 2021 sur l’incendie de l’usine Lubrizol publié par Mediapart et repris le lendemain par Le Poulpe, nous avons reçu, le 11 août, le droit de réponse ci-dessous du préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, daté du 29 juillet.

Dans le cadre du suivi des conséquences de l’incendie du 26 septembre 2019, dès le jour de l’incendie et au cours de la phase opérationnelle de gestion du sinistre, les impacts sanitaires et environnementaux de cet incendie ont été pris en compte sur mes instructions et en application de la circulaire interministérielle du 20 février 2012 relative à la gestion des impacts gestion des impacts environnementaux et sanitaires d’événements d’origine technologique en situation post-accidentelle.

C’est ainsi que de très nombreux prélèvements et analyses de l’air, des suies, des eaux de consommation humaine ont été réalisés en suivant les recommandations des agences nationales d’expertise (INERIS et ANSES). Dans la phase de suivi post-accident, des prélèvements complémentaires dans les sols, les végétaux, les productions animales, les captages d’eaux pour la consommation humaine, les boues des stations d’épuration, dans une large zone ayant été sous le panache des fumées, ont été réalisés.

Au-delà des mesures d’urgence prises dès le 26 septembre 2019, plusieurs arrêtés préfectoraux, dès le 14 octobre 2019, ont exigé des exploitants la production d’études complémentaires sur les eaux et boues issues de l’extinction, les sols et les végétaux. Outre ces prélèvements sur différentes matrices, il a été veillé à ce que soit définie la signature chimique de l’incendie par une analyse des lichens qui constituent un bio indicateur de référence. Cette étude, qui n’a que cette finalité, s’est déroulée en 2 volets pour permettre de mesurer dans une approche comparative, ce qui relevait effectivement de l’imprégnation de l’incendie en discriminant ce qui relevait de l’environnement local (pollutions historiques notamment).

De plus, une interprétation de l’état des milieux (IEM) constituant notamment en des prélèvements de sols sur deux horizons 0 –5 cm et 0 – 30 cm, a été réalisée sur le territoire des communes situées sous le panache et auprès de communes «témoins ». Les résultats ont fait l’objet d’une information spécifique de chaque commune concernée.

Une évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS) a été également prescrite aux exploitants, elle est en cours de tierce expertise par l’INERIS. Cette tierce expertise sera achevée avant la fin de l’année et sera, elle aussi, rendue publique.

Cette IEM et cette EQRS ainsi que le rapport rendu par ATMQ et le rapport « Lichens », mais aussi tous les résultats des diverses mesures effectuées à partir du 26 septembre 2019 ont été transmis à Santé publique France (SpF), qui a, pour répondre à la saisine de la Direction Générale de la Santé en date du 8 octobre 2019, déployé un dispositif d’évaluation des conséquences sanitaires de l’incendie, à court, moyen et long terme avec :

– Une enquête de santé perçue auprès de la population exposée. SpF a souhaité associer à la définition de la méthodologie de l’étude, des représentants des élus, des représentants des associations agissant dans le domaine de la santé et des représentants des professionnels de santé;
– Le suivi de la santé des travailleurs potentiellement exposés, dans le cadre des travaux du Groupe d’Alerte en Santé Travail Normandie;
– Une étude de la pertinence de mettre en place une étude de biosurveillance en population générale.

Tous ces éléments ont permis, pour Santé publique France, de disposer d’une vision très fouillée de la situation et d’ engager une surveillance épidémiologique de la santé de la population riveraine et des travailleurs potentiellement exposés via le Système National des Données de Santé.

Sur la méthode de communication qui semble être mise en cause dans votre article, je tiens à préciser que les réunions du comité pour la transparence et le dialogue (9 comités en 17 mois) ont été l’occasion de présenter à l’ensemble des acteurs concernés tous les résultats des études, toujours en présence de la presse qui assiste à ces réunions dans leur intégralité. Cette assemblée est composée de 108 membres au sein de laquelle siègent des élus, des associations, des organisations syndicales, les chambres consulaires, les professionnels de santé, les acteurs économiques, le monde agricole, les exploitants et les services de l’État (moins de 20% des membres).

Tous les membres du comité sont invités à s’exprimer et à réagir le cas échéant lors de réunions qui durent le temps nécessaire à l’expression de chacun. Les services de l’État assistent à ces restitutions en apportant les éléments d’éclaircissements qui peuvent être sollicités par les membres du comité. À l’issue des réunions, copie des présentations est remise à chacun des participants et toutes les études et rapports sont publiés et mis à disposition du public. Le format de publication des rapports est toujours repris in extenso, et si nécessaire, au regard de la technicité du sujet, accompagnés d’un résumé non technique ou d’une note de synthèse pour rendre le document intelligible à tout public, même non spécialiste.

Dans votre article, vous écrivez: « C’est le plus gros accident industriel en France depuis 20 ans et, officiellement, il n’a pas contaminé l’environnement. Presque deux ans après l’incendie de l’usine Lubrizol et de l’entrepôt de Normandie Logistique à Rouen (Seine-Maritime), où 10 000 tonnes de produits chimiques sont parties en fumée, l’État assure qu’il n’existe pas de “contamination en lien avec l’incendie” qui soit “différenciable d’une pollution industrielle historique” ».

Cette affirmation est incomplète car vous ne reprenez qu’une partie de la synthèse de Santé publique France. En effet, dans les points clés de la synthèse « SANTÉ POST INCENDIE 76 : Pertinence d’une étude de biosurveillance suite à l’incendie survenu à Rouen le 26 septembre 2019 », Santé publique France note : « L’analyse complémentaire conduite par Santé publique France converge avec les conclusions des différents intervenants et opérateurs impliqués indiquant qu’en l’état, et sans totalement l’écarter, aucun élément ne permet de conclure à l’observation d’une contamination apportée par l’incendie différentiable d’une pollution industrielle historique. Aucun élément objectif n’apparaît en faveur d’une surexposition à long terme des populations riveraines aux substances identifiées. »

Par ailleurs, les mesures effectuées ont bien fait apparaître des pollutions historiques ne correspondant pas à des produits marqueurs de la signature chimique de l’incendie, tel que le plomb ou l’arsenic. Ces données ont toutes été communiquées aux municipalités et aux propriétaires des terrains concernés.

S’agissant de la note de la DREAL qui accompagne les études dites « Lichens », publiées in extenso, que vous commentez dans votre article, il est écrit : «Ces analyses ont permis de mettre en évidence un impact réel mais ponctuel de l’incendie sur la qualité de l’air, qui s’est manifesté notamment par un marquage des lichens. Elles ont permis d’affiner la signature chimique de l’incendie, en mettant en évidence quelles substances avaient marqué les lichens au cours de la période et lesquelles ne les avaient pas marqués. Les conclusions, sur ce point, permettent de confirmer l’examen de la signature chimique de l’incendie déjà effectué au travers des modélisations, des analyses d’air; de suie et des eaux d’extinction. Ainsi, la liste des substances recherchées dans les différentes matrices se trouve confortée par cette étude.» Et de préciser : «Si cette étude permet de conclure sur la nature des substances et sur le caractère ponctuel du marquage, en revanche, iI convient de rappeler que le lien avec l’impact sanitaire ne peut pas être obtenu directement à partir de ce type d’analyses, qui n’apporte qu’un éclairage complémentaire à d’autres types de mesures.»

Je tiens donc à préciser, s’il en était besoin, que les services de l’État n’ont en aucun cas pour objectif de minimiser les impacts de cet incendie comme l’indique de façon inexacte le titre de votre article. Les objectifs poursuivis par les services de l’État consistent notamment à s’assurer de la bonne mise en œuvre par les exploitants des mesures d’évaluation tant sanitaires qu’environnementales qui ont été prescrites à la suite de cet incendie majeur et de rendre publique la totalité des résultats d’analyses effectuées, quelle qu’en soit la teneur, que cela convienne ou non aux intérêts des différentes parties en cause, notamment dans le cadre de contentieux.

C’est ainsi que les réunions du comité de transparence et de dialogue et les publications mises en ligne sur le site internet de la préfecture ont pour objectif de communiquer en toute transparence l’ensemble des rapports d’études et résultats connus et vérifiés qui ont été réalisés. Il convient de souligner que jamais un incendie industriel en France n’a fait l’objet d’autant d’investigations et dont toutes les données ont été communiquées et publiées. Au total, ainsi que le souligne Santé publique France, l’État a imposé plus de 6500 prélèvements représentant 368 000 données, analysées et intégralement rendues publiques.

COVID-19 : la rédaction ouvre l’accès à toutes ses enquêtes

Bonjour à toutes et à tous,

La crise du coronavirus percute notre activité et nous mettons donc en pause la parution de nos enquêtes habituelles pour basculer en mode COVID-19.

Nous reprendrons sur notre site des articles de notre partenaire Mediapart consacrés au sujet.

En Normandie, Le Poulpe reste lui aussi aux aguets pour vous informer sur la crise sanitaire.

A situation exceptionnelle, dispositif exceptionnel : Le Poulpe est gratuit pendant quinze jours. Vous pourrez tout lire, il vous suffit de renseigner votre email via ce lien : https://www.lepoulpe.info/register/?lid=1

Bonne lecture en confinement. Prenez soin de vous et de vos proches.

Après l’accident chez Lubrizol, malgré le discours des autorités, les finances publiques mises à contribution

Commission du développement durable de l’assemblée nationale, le 2 octobre dernier. Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, répond aux questions des députés après la catastrophe industrielle survenue sur le site de l’usine Lubrizol à Rouen.

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Un préavis de grève déposé à la maternité du Belvédère sur fond de « dégradation des conditions de travail »

Le climat social est « en voie d’apaisement » à la maternité du Belvédère. Ainsi s’exprimait Catherine Flavigny, maire LR de Mont-Saint-Aignan et présidente du conseil de surveillance de l’établissement, à la fin du mois de novembre 2019.  Il semble que l’édile se soit quelque peu avancé. Par un courrier daté de mardi, la CFDT, syndicat majoritaire au sein de la maternité, informe Yves Bloch, directeur par intérim du Belvédère, du dépôt d’un préavis de grève annonçant un débrayage du personnel de 24 h, entre lundi et mardi de la semaine prochaine.

Dans ce document, que Le Poulpe a pu consulter, le syndicat dénonce la réduction prévue de la masse salariale, d’ici 2026, avec près de deux millions d’euros d’économies prévus sur le personnel non médical. Le courrier pointe encore « la dégradation des conditions de travail engendrant une charge mentale et physique insoutenable » ou encore « une insécurité totale pour les agents ». La CFDT revendique qu’il n’y ait aucune économie sur le personnel non-médical. L’organisation demande également « des effectifs soignants à la hauteur des besoins et de la charge réelle du travail » mais aussi « une analyse des risques tant pour le personnel que la prise en charge des patients ».

Ce mouvement de grogne sociale s’inscrit dans un contexte de lourde crise financière et managériale, comme l’a documenté Le Poulpe dans une récente enquête.

A la suite de notre article, Benoît Gatinet sort de son silence

Mis en cause dans un récent article du Poulpe, Benoît Gatinet, maire d’Aizier, président de la communauté de communes Roumois Seine et vice-président au Département de l’Eure, est finalement sorti de son mutisme. Alors que Le Poulpe l’avait relancé à plusieurs reprises par SMS et téléphone pour répondre à des questions précises soulevées dans notre article, c’est auprès des élus de la communauté de communes que ce dernier a préféré réagir. Hier soir, l’élu leur a adressé un courriel dont Le Poulpe a obtenu copie. Le voici reproduit dans son intégralité : 

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A Rouen, une mauvaise odeur peut en cacher une autre

D’accord, l’affaire n’est pas d’une extrême importance. Mais bon, nous glissons tout de même cette petite information végétale et olfactive. D’autant que le sujet fait causer, l’automne venu, les nombreux étudiants de la faculté de droit et de sciences économiques de Rouen, dans le quartier Pasteur, près de la préfecture.

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A la tombée des feuilles, chaque année, l’endroit exhale très fortement une odeur de vomissure particulièrement désagréable. Avouons-le, l’effet est moins marqué cette année, les douces vapeurs provenant de l’usine chimique Lubrizol de de sa voisine Normandie Logistique, situées en face sur la rive gauche, ayant quelque peu masqué ces nauséabonds effluves.

Ces derniers proviennent des ovules produits par les arbres plantés le long de l’avenue Pasteur, en 2001, lors de la transformation du quartier. Originaires de Chine et vénérés par les moines bouddhistes, ces arbres, des Ginkgo biloba, autrement dénommés arbres aux 40 écus, formeraient, selon les botanistes, la plus ancienne famille d’arbres connue au monde. Ces spécimens végétaux seraient apparus il y a près de 270 millions d’années, avant même l’apparition des dinosaures. Le Ginkgo biloba est également connu pour être le seul élément vivant à avoir repoussé après l’explosion atomique d’Hiroshima, au Japon. 

Résistant à la pollution et apprécié pour son ornement jaune or, il est fréquemment utilisé en ville et dans les parcs et jardins. Le hic, c’est qu’il faut s’assurer de planter des arbres mâles et non femelles, ceux-ci produisant ces ovules de couleur jaune et de la taille d’une grosse cerise qui puent lorsqu’ils tombent à terre une fois mûrs. Les collectivités le savent. S’agit-il alors d’une erreur de livraison commise en 2001 ? 

La mairie de Rouen ne le « considère pas » ainsi : « Le fournisseur avait apporté la garantie de la fourniture de sujets exclusivement mâles (analyse génétique), suite à l’exigence de la Ville face à la caractéristique des graines produites par les sujets femelles à dégager une odeur forte et désagréable. » Alors ? « Aux termes de 7/8 ans, la maturité sexuelle des sujets atteinte, il a été identifié par la Direction espaces verts les premiers sujets femelles au sein de l’alignement. Il avait été procédé alors à 3 remplacements. A ce jour, il est identifié environ 1/3 des 72 sujets en arbres femelles. L’hypothèse, alors que la biologie considérait le caractère sexuel comme acquis, est que les arbres, dans un objectif de reproduction et pérennisation de l’espèce, se soient adaptés en « mutant » de sujets mâles à sujets femelles, ce que l’on pourrait appeler un dimorphisme sexuel ou différenciation sexuelle adaptative au milieu. Phénomène observé chez certains poissons et reptiles. Sur ce constat, il n’est pas envisageable de procéder au remplacement des sujets femelles qui serait vain. Le ramassage des fruits est la solution à cette nuisance olfactive très ponctuelle et passagère. »

Métropole de Rouen : la chambre régionale des comptes épingle la gestion Sanchez

Parti vers d’autres cieux, Frédéric Sanchez, ancien président socialiste de la Métropole de Rouen, se rappelle au bon souvenir des Rouennais. La chambre régionale des comptes de Normandie vient en effet de rendre son rapport suite à un examen méticuleux de la gestion de l’intercommunalité par le désormais consul général à Québec. Le contrôle vise une période comprise entre 2014 et 2017.

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