A Villers-Ecalles, près de Rouen, les « Nutella » sont en grève – LE POULPE

A Villers-Ecalles, près de Rouen, les « Nutella » sont en grève

En cause : la revalorisation annuelle des salaires.

Par LePoulpe | 29 Mai 2019

1+

« Les camions ne peuvent plus entrer dans l’usine Ferrero de Villers-Ecalles », à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Rouen, annonce le délégué syndical Force ouvrière Fabien Lacabanne. Le plus gros site mondial de production de Nutella du groupe (600 000 pots par jour), où sont également fabriquées les barres de Kinder Bueno, est concerné par un mouvement de grève initié par FO. 

« Depuis mardi dès 3 heures du matin, on compte 150 grévistes sur les trois équipes », avance le syndicaliste, depuis le piquet de grève installé « devant les grilles de l’usine » qui emploie entre 400 et 450 salariés. Et de poursuivre : « Les entrées et sorties sont bloquées et il n’y a plus de production pour l’instant ». Contactée via le service presse de Ferrero France, la direction de l’usine normande nous indique par courriel « avoir constaté hier matin un débrayage de la part de certains collaborateurs du site ». « Pour autant, assure-t-elle, l’usine continue de fonctionner ». Interrogée sur le fait de savoir si le site était bel et bien totalement bloqué aux camions, la direction ne fait pas davantage de commentaires.

Une hausse de « 30 euros par mois » jugée insuffisante 

Entamées il y a plusieurs semaines, les discussions autour de la négociation annuelle obligatoire achoppent, d’après FO, sur le montant de la revalorisation des salaires. « La direction propose 30 euros par mois pour les quelque 380 salariés du premier et deuxième collège, à savoir les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise. C’est largement insuffisant », estime Fabien Lacabanne. Les grévistes, eux, réclament non pas une hausse fixe pour tous mais une augmentation « de 4,5 % », ainsi qu’une « prime de pouvoir d’achat de 900 euros ». « Car la direction n’a pas voulu, en fin d’année dernière, nous accorder la prime exceptionnelle dite Macron (mise en place suite au mouvement des Gilets jaunes, NDLR) », rapporte Fabien Lacabanne.

La direction de Ferrero, de son côté, nous dit « regretter que cette action de mobilisation soit intervenue sans préavis, alors même que les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) sont en cours et que les premières réunions de travail avec les partenaires sociaux représentatifs des collaborateurs se sont déroulées jusqu’à présent de façon constructive ».

Et maintenant ? « La direction se dit prête à discuter à condition que l’on débloque les entrées et sorties, indique le syndicaliste. Les salariés le refusent. On ne bouge pas, on se met autour de la table et si on est satisfait, on débloque. » Souhaitant « un retour à la normale le plus rapidement possible afin de pouvoir poursuivre sereinement les discussions », la direction de Ferrero assure, pour sa part, continuer à servir ses clients « sans perturbation ».